En amont du schéma directeur cyclable attendu fin 2026, l’agglomération dresse un diagnostic complet du territoire et des usages. Entre relief marqué, flux pendulaires vers le Grand Paris et attractivité de la forêt, ce premier bilan dessine les fondations du futur réseau cyclable.
Un territoire engagé en faveur des mobilités durables
Dans la continuité de son Plan Climat Air Énergie Territorial – qui prévoit une réduction de 73 % des consommations d’énergie et de 83 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports d’ici 2050 – l’agglomération élabore aujourd’hui son Plan Vélo, ou schéma directeur cyclable.
Première étape clé : le diagnostic. Il dresse un état des lieux précis du territoire, des usages et des besoins, afin de définir un réseau cyclable cohérent et structurant à l’échelle intercommunale.
Un territoire contrasté : des atouts majeurs, mais aussi des contraintes…
Un environnement favorable aux mobilités douces
Avec la forêt de Montmorency et ses vastes espaces naturels, Plaine Vallée dispose d’un patrimoine paysager exceptionnel. Ces atouts créent un fort potentiel pour le développement des mobilités actives, des itinéraires de découverte et d’un véritable vélotourisme de proximité reliant les centralités urbaines aux espaces naturels.
Un relief qui structure les déplacements
Le territoire est toutefois marqué par un relief singulier : des pentes entre 8 % et 18 % créent des ruptures entre le nord et le sud. Cette configuration impose d’adapter les futurs aménagements : itinéraires de contournement, aménagements spécifiques aux fortes déclivités, ou encore accompagnement du développement du vélo à assistance électrique.
Un sud dense et très connecté
Le sud du territoire est fortement urbanisé et tourné vers la Métropole du Grand Paris. Les flux pendulaires y sont importants : plus de 62 000 actifs quittent chaque jour Plaine Vallée pour rejoindre leur lieu de travail, principalement vers Paris et la première couronne.
Les grands axes routiers (D301, D909) structurent ces déplacements mais fragmentent également l’espace, ce qui constitue un enjeu majeur pour le développement de continuités cyclables sécurisées.
Un réseau cyclable hétérogène
Le diagnostic révèle l’existence d’aménagements cyclables, mais ceux-ci restent toutefois très hétérogènes. Les communes ne disposent pas toutes du même niveau d’équipement. Certains aménagements sont vieillissants et souffrent d’un manque d’entretien. On observe également de simples marquages au sol ou des bandes étroites, peu sécurisantes pour encourager une pratique régulière. Par ailleurs, le jalonnement reste limité.
L’offre de stationnement est également inégale : si certaines gares sont déjà équipées d’abris sécurisés, l’ensemble du territoire fait face à un manque de capacité et d’homogénéité.
Des projets importants sont en préparation : aménagements départementaux sur les routes structurantes, initiatives communales ou intercommunales et, au sud du territoire, le passage de la V6 du réseau Vélo Île-de-France, future “autoroute cyclable” reliant le territoire au centre de Paris.
Forces, faiblesses, opportunités, menaces : ce que révèle le diagnostic
Des forces à valoriser
- Une dynamique cyclable déjà engagée dans plusieurs communes
- Une part importante du territoire limitée à 30 km/h
- Un patrimoine paysager et touristique propices au développement du vélotourisme
- Des flux pendulaires concentrés, favorables à l’intermodalité
Des faiblesses à surmonter
- Plus de la moitié des déplacements domicile-travail effectuées en voiture individuelle
- Une pratique quotidienne freinée par l’insécurité ressentie
- Des RD structurantes dangereuses pour la pratique du vélo
- Un réseau discontinu et peu lisible
- Peu de solutions de réparation et de services vélo
- Certaines communes encore isolées
Des opportunités à saisir
- L’arrivée prochaine d’aménagements départementaux et de la V6 du VIF
La présence d’un réseau ferré dense, facilitant les rabattements vers les gares
Une mobilisation croissante des associations et des territoires voisins
Des menaces structurelles
- Une distance à Paris limitant le report modal systématique
- Un réseau de bus jugé insuffisant
- Des dénivelés importants sur de nombreux itinéraires
- Une culture vélo contrastée entre le nord et le sud du territoire
Ce que disent la concertation et l’enquête en ligne
Le diagnostic s’appuie largement sur la parole des usagers, recueillie à travers une enquête participative, des entretiens experts et cinq ateliers thématiques.
Une appétence forte pour le vélo freinée par le manque d’aménagements sécurisés
La pratique du vélo est déjà bien présente, et beaucoup d’habitants se déclarent prêts à l’utiliser davantage si les infrastructures deviennent plus sécurisées. Le vélo apparaît comme une solution crédible pour les trajets domicile–travail de moins de 5 km, tout en conservant un fort attrait pour les loisirs.
Les besoins prioritaires exprimés
- Des aménagements sécurisés autour des gares, des écoles, des équipements sportifs et culturels
- Plus de stationnements sécurisés et visibles
- Plus de réparateurs, notamment près des pôles d’intermodalité
- Davantage de jalonnement pour faciliter les déplacements
- Des actions d’éducation au vélo
Les polarités et points durs identifiés
La concertation a permis de cartographier les gares prioritaires, les zones d’activités, les axes dangereux ou encore les intersections à réaménager en priorité.
Les grands enjeux à relever
Le diagnostic fait émerger plusieurs enjeux clés pour transformer durablement le territoire :
- Développer les rabattements vers les gares et renforcer l’intermodalité
- Déployer des aménagements conformes et sécurisés
- Développer les services vélo : réparation, stationnement, communication
- Relier les axes structurants et résorber les discontinuités
La finalisation du diagnostic marque le début d’une nouvelle phase : la définition des orientations stratégiques du schéma directeur.
Celle-ci donnera lieu, fin 2026, à un programme pluriannuel d’actions, co-construit avec les villes et le Département, qui fixera les itinéraires, les aménagements et les investissements à réaliser pour faire de Plaine Vallée un territoire cyclable, connecté et durable.
Le diagnostic repose sur une démarche rigoureuse et largement concertée :
- l’analyse des documents stratégiques régionaux, départementaux
- l’étude du réseau existant et des données territoriales
- 10 entretiens avec les communes, associations et partenaires institutionnels
- 2,5 jours de repérage terrain
- 5 ateliers participatifs
- une enquête et une cartographie collaborative ouvertes à tous les habitants
Cette méthodologie garantit un projet aligné avec les besoins réels du territoire et de ses usagers.