L’intervenant social, un appui humain essentiel au sein des commissariats et gendarmeries

Au cœur du commissariat d’Enghien-les-Bains et de la gendarmerie de Domont, deux visages incarnent une fonction encore trop peu connue : celle d’intervenant social en commissariat (ISC) et en gendarmerie (ISG). Depuis plusieurs années, Delphine Senn et Rachid Bellahoues sont des relais incontournables entre les forces de l’ordre et les personnes en situation de vulnérabilité.

Ces deux agents de la communauté d’agglomération Plaine Vallée reçoivent toute personne qui en exprime le besoin — qu’il s’agisse d’une victime, d’un mis en cause, d’un témoin ou d’un proche —, leur offrent une écoute attentive et les orientent vers les dispositifs adaptés.

Un soutien de première ligne pour les publics fragilisés

Chaque jour, Delphine et Rachid, officient respectivement au sein du commissariat d’Enghien-les-Bains et de la gendarmerie de Domont. Ces intervenants sociaux partagent tous deux une même mission : accueillir, conseiller et orienter.

« Ma priorité est de me rendre disponible auprès du public du commissariat par une écoute directe et une approche bienveillante, et sans jugement. » explique Delphine Senn, en poste à Enghien-les-Bains depuis 2010. « A chaque entretien, je rappelle que notre échange est confidentiel, cela me permet de rassurer et de garantir à la personne son libre arbitre. »

Originaire du champ de la prévention spécialisée, Rachid, arrivé en 2023 à la gendarmerie de Domont, met à profit son expérience du terrain pour établir un lien de confiance avec les personnes reçues. « je m’attache à proposer à chacun un espace pour souffler, comprendre sa situation et trouver des pistes concrètes.  L’entretien se fait toujours avec l’accord de la personne. C’est elle qui décide ce qu’elle souhaite partager, et jusqu’où elle veut aller ».

En 2024, plus de 300 personnes ont été accompagnées par ces deux professionnels dont la plupart sont des femmes victimes de violences intrafamiliales. La diversité des situations témoigne de la complexité des parcours et de la nécessité de ce lien humain dans un environnement parfois perçu comme intimidant.

« Notre présence permet d’identifier des situations qui ne sont pas repérées ou connues des services sociaux, une personne rencontrée sur deux n’est pas connue d’un service social. Nos postes prennent alors tout leur sens » précise Delphine Senn.

Des relais précieux entre forces de l’ordre et le réseau partenarial

Loin d’être isolés dans leur mission, les intervenants sociaux travaillent main dans la main avec les forces de l’ordre et les acteurs sociaux. Leur rôle ? Être un trait d’union entre police ou gendarmerie et les institutions et associations du champ social, éducatif ou judiciaire. « L’intervenant social permet une approche plus humaine de certaines situations, tout en respectant la confidentialité et le secret professionnel », explique Rachid.

Ce travail d’équipe ne se limite pas aux couloirs du commissariat. Les intervenants participent à des réunions locales, animent des réseaux, et s’intègrent dans des dispositifs comme le « Pack nouveau départ (PND), mis en place dans le Val-d’Oise depuis 2023 pour protéger les victimes de violences conjugales en facilitant la séparation.

« Le partenariat est un pilier. Il nous permet d’avoir un regard croisé et complémentaire sur les situations. On ne peut pas agir seul, mais ensemble on peut répondre de manière ciblée », résume Rachid. À l’heure où les institutions cherchent à faciliter l’accès aux droits et l’accompagnement du public vulnérable, le travail des intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie s’impose comme un relais essentiel.

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