Ulysse di Gregorio signe une nouvelle mise en scène au TOPF Silvia Monfort !

Édité le 11 décembre 2017

Jean-Quentin Châtelain dans Une Saison en enfer

Jean-Quentin Châtelain dans Une Saison en enfer

Ulysse Di Gregorio, vous mettez actuellement en scène Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud, qui se jouera au TOPF Silvia Monfort à Saint-Brice-sous-Forêt le 26 janvier. C’est la 4e année consécutive que le théâtre accueille une de vos mises en scène. Quel est votre attachement pour la scène du TOPF ?

J’ai la chance d’être soutenu par l’Agglomération Plaine Vallée qui gère le théâtre, dont la politique culturelle favorise l’émergence de nombreux projets artistiques. La représentation de l’opéra Orphée et Eurydice la saison dernière était une magnifique expérience qui m’a permis de réunir différents corps artistiques locaux, entre autres le conservatoire et le FCA Danse de Saint-Brice, l’école de musique de Deuil-La Barre mais aussi les chœurs du Val d’Oise.

Effectivement, depuis 2014, c’est déjà la 4e œuvre dont je signe la mise en scène qui est programmée au théâtre. Mes racines saint-briciennes et mon attachement pour le TOPF au sein duquel j’ai fait mes premiers pas sur scène jouent également en ma faveur…

 

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur Une saison en enfer et dans quel contexte Rimbaud l’a écrit ?

C’est un recueil poétique bien sûr, mais aussi autobiographique a bien des égards. Composé à la suite de sa violente rupture avec Verlaine, Une Saison en Enfer est en quelque sorte un testament et un adieu à la poésie. Lors de cette descente aux Enfers, plusieurs questions surgissent. La question qui revient sans cesse est celle du rapport que le poète entretient avec Dieu :  figure tantôt inquiétante, tantôt soumise au poète. Et dans ce rapport à Dieu c’est également la tendance irrémédiable de l’homme au péché et au vice qui surgit. Fatigue morale et fatigue physique sont des épreuves pour celui qui pense et recrée son univers, et dont les contradictions de l’âme ne cessent de se dévoiler les unes aux autres.

 

Pourquoi le mettre en scène ?

Mettre en scène cette œuvre s’est imposé à moi car elle évoque les tourments de l’âme humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus vertigineux, et qui plus est, dans une langue magnifique. Mettre en scène Une Saison en Enfer, c’est donc offrir au public la sensation des mots, lui donner à voir les couleurs, l’inviter à scruter et faire face aux profondeurs qui sommeillent en chacun de nous. Pour être le plus fidèle à l’œuvre, j’ai souhaité une esthétique épurée qui laisse place à l’imagination. Et dans un monde où les images nous envahissent et se succèdent de plus en plus vite, le silence et l’espace s’imposent, afin de rendre au public ce temps volé, nécessaire à la découverte sensible de l’œuvre.

 

Jean-Quentin Châtelain porte magnifiquement ce texte. Comment s’est fait le choix de cet acteur ?

Il y a deux ans environ, je suis allé écouter Jean-Quentin Châtelain dans le Blaise Cendrars qu’il interprétait. Le texte m’est si bien parvenu et m’a tant saisi que j’ai immédiatement eu l’idée de lui proposer le texte de Rimbaud. Son interprétation, sa diction et sa présence ont quelque chose de si peu commun, que l’on se trouve comme envoûté dès les premières paroles.

 

Pourquoi cette référence au purgatoire de la Divine Comédie ?

La référence à la Divine Comédie est évidemment liée à la descente aux Enfers dont Rimbaud se fait ici l’exécutant. Espérant le paradis qu’il refuse tout aussitôt, il éprouve les différents cercles de l’enfer : luxure, gourmandise, envie, paresse… Mais contrairement à la Divine Comédie, c’est une visite en solitaire, séparé qu’il est désormais de son compagnon d’infortune.

 

La pièce s’est déjà jouée pendant près de deux mois au théâtre du Lucernaire, comment a-t-elle été accueillie par le public ?

Le public est venu nombreux et nous avons eu de très bons retours. Il faut dire que la pièce a été très bien accueillie par la presse aussi bien en termes de mise en scène que de scénographie. L’interprétation mystique tout en sensibilité de Jean-Quentin Châtelain lui doit beaucoup.

Nous avons encore plusieurs dates à venir… Après le TOPF, nous jouerons au Théâtre des Halles pendant tout le festival d’Avignon, avant d’entamer une tournée nationale pour 2018/2019.

 

Infos/Réservations : 

Théâtre de l’Ouest de la Plaine de France Silvia Monfort (TOPF)
12 rue Pasteur – 95 350 Saint-Brice-sous-Forêt
01 39 33 01 81 – www.agglo-plainevallee.fr

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